Mais, un Samaritain qui voyageait1 également, arrivant près de lui et le voyant, fut touché de compassion.
— Tel est le caractère de la charité, et tels sont les sentiments qu’elle inspire.
Elle s’attendrit sur la misère du prochain ; et, sans se borner à une stérile compassion, elle y joint de salutaires effets, et ne refuse à aucun les secours qu’elle peut procurer.
Ce charitable voyageur rencontre sur sa route un malheureux blessé mortellement et couché par terre ; à ce spectacle, toute sa piété s’émeut ; et, suivant le premier mouvement de son cœur qui l’emporte, il court à cet infortuné, lave ses plaies, le conduit lui-même dans une maison, y passe tout un jour auprès de lui, et ne le quitte qu’après avoir fourni à toute la dépense nécessaire pour son soulagement.
Mais, savez-vous ce qui rehausse encore le prix de cette charité, et ce qui en fait tout ensemble le sujet de notre admiration et de notre indignation ?
C’est un Samaritain qui s’intéresse de la sorte pour un Juif, après que ce Juif s’est vu impitoyablement abandonné par un autre Juif, et même par un Lévite ; c’est, dis-je, un Samaritain séparé des Juifs et de mœurs et de religion voilà ce que nous devons admirer.
D’un autre côté, qu’un Juif, qu’un Lévite aient été insensibles au malheur et au triste état de cet homme, uni si étroitement à eux par la même croyance et la même loi, qui peut y penser et n’en être pas justement indigné ?
Toutefois, rentrons en nous-mêmes, et dites-moi si ce n’est pas là ce que nous voyons tous les jours dans le christianisme, où, malgré le même baptême, la même confession, la même foi qui nous lie tous d’un nœud si intime et si saint, tant de chrétiens manquent de charité pour d’autres chrétiens ? N’est-il pas vrai que souvent, il y aurait à attendre de la part des idolâtres et des païens plus de condescendance dans nos peines, et plus d’assistance dans nos besoins ?
Pour aller plus loin…
Qui est le bon samaritain ? par Abbé Paul Roy, FSSP
Messe du Jour
12ᵉ dimanche après la Pentecôte
Notes & Références
Semaine Religieuse de Bayeux, 1865.