Lecture pour le 9è dimanche après la Pentecôte.

PRÉDICTION ET LAMENTATION DE J.-C. AU SUJET DES MALHEURS DE JÉRUSALEM1.

Dans les malheurs de Jérusalem, nous voyons ceux des âmes qui périssent.

Il viendra, dit Jésus2, un temps malheureux pour toi, où tes ennemis t’environneront des tranchées ; ils t’enfermeront, et te serreront de toutes parts.

Ainsi arriva-t-il à Jérusalem de point en point : on sait les effroyables travaux que firent les Romains,

et ces murailles qu’ils élevèrent autour de cette ville malheureuse, qui la serraient tous les jours de plus en plus. Ce qui causa l’horrible famine que tout le monde sait ; où les mères mangeaient leurs enfants.

Ainsi arrivera-t-il à l’âme pécheresse : serrée de tous côtés par ses mauvaises habitudes,

• ni la grâce ni le pain de la vie n'y pourront plus trouver d'entrée ; 
• elle périra de faim ; 
• elle sera accablée de ses péchés, 
• et il n'y restera plus pierre sur pierre. 

Étrange état de cette âme : renversement universel de tout l’édifice intérieur !

Plus de raison ni de partie haute : 
• tout est abruti :
• tout est corps :
• tout est sens :
• tout est abattu et entièrement à terre. 

Qu’est devenue cette belle architecture qui marquait la main de Dieu ?

Il n'y a plus rien : 
• il y a plus pierre sur pierre, 
• ni suite ni liaison dans cette âme : 
• nulle pièce ne tient à une autre ; 
• et le désordre y est universel. 

Pourquoi ?

Le principe en est ôté : 
• Dieu, 
• sa crainte, 
• la conscience, 
• ces premières impressions qui font sentir à la créature raisonnable qu'elle a un souverain : ce fondement renversé, que peut-il rester en son entier ?

À ce triste spectacle, Jésus ne peut retenir ses larmes.

Si tu savais ! Ô âme ! Si tu savais ! 

Il n’achève pas : les sanglots interrompent son discours, sa langue ne peut exprimer l’aveuglement de cette âme.

Si tu savais ! du moins en ce jour qui t’est encore donné, et où Dieu te visite par sa grâce.

Il y a un jour que Dieu sait, après lequel il n’y a plus pour l’âme aucune ressource :

Parce que, dit Jésus, tu n’as pas connu le temps où Dieu te visitait3.

• Quand une lumière intérieure te montre tes crimes : 
• quand tu es invitée à donner gloire à Dieu, 
• et que tout crie en toi qu'il faudrait se donner à lui ; comme en ce jour de la visite de Jérusalem, 

tout le monde jusqu’aux enfants, criaient :

honneur et louange, au Fils de David 

alors, si tu n’écoutes, le moment se passe ; cette grâce si vive et si forte ne reviendra plus.

Tout ceci est caché à tes yeux4.

• Ton cœur est appesanti : 
• tes yeux sont fermés et obscurcis : 
• tes passions t’aveuglent : 
• un voile obscur est sur tes paupières : 
• un affreux assoupissement les appesantit. 
O âme ! 
Jésus en pleure, 
      et tu ne pleures pas toi-même ! 

Pleure, pleure, ô Jérusalem spirituelle ! 

Pleure ta perte, 
      du moins en ce jour que le Seigneur te visite d'une manière si admirable : 
      si jusques ici, tu as été insensible à ta propre perte, 
pleure aujourd'hui, et tu vivras. 

Ne perds aucun moment de grâce, 
      parce que tu ne sais jamais si ce ne sera pas le dernier qui te sera donné.

Pour aller plus loin…


Messe du Jour

9ᵉ dimanche après la Pentecôte


Notes & Références

Semaine Religieuse de Bayeux, 1865.

  1. ( Réflexions sur l’Evangile pour tous les jours de l’année tirées des œuvres de Bossuet, Fénelon, Bourdaloue et Massillon, par M. labbé A. de Valroger.)
  2. Luc 19, 43
  3. Luc 19, 42-44
  4. Ibid, V. 42.

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