Lecture pour le 5ème dimanche après la Pentecôte.

Dans l’Évangile que l’Église nous fait lire en ce jour, Notre-Seigneur instruit ses disciples sur la charité fraternelle.

« Si votre justice, dit-Il, n’est plus parfaite que celle des Scribes et des Pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux »

Les Scribes, Docteurs de la Loi, les Pharisiens qui faisaient profession de l’observer mieux que les autres, n’avaient cependant aux yeux de Dieu qu’une justice imparfaite, parce qu’ils faisaient consister l’observation de la Loi dans la pratique extérieure, s’inquiétant peu de son esprit. Pourvu qu’ils s’abstinssent des actions mauvaises, ils se croyaient justes et comptaient pour rien les désirs criminels du cœur auxquels ils s’abandonnaient sans scrupules. Mais, vous, dit Jésus-Christ à ses disciples, comprenez combien votre charité doit être plus parfaite.

Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens : Vous ne tuerez point ; celui qui tuera sera condamné par le jugement. Et, moi, je vous dis : Quiconque se met en colère contre son frère, sera condamné par le jugement.

Il suit de ces paroles du Divin Maître que le chrétien, tout en s’abstenant de tuer l’homme qu’il n’aime pas, tout en évitant les rigueurs de la loi humaine, peut cependant devenir l’ennemi de Dieu et s’exposer à la damnation éternelle : haïr son prochain, lui souhaiter le moindre mal par la parole, le vouloir par la pensée, c’est refuser de pratiquer une justice plus abondante, plus parfaite que celle des Pharisiens, c’est désobéir à Jésus-Christ, c’est ne point vouloir être son disciple et renoncer au bonheur éternel.

« Si, offrant votre don à l’autel, vous vous souvenez que votre frère a quelque chose contre vous, laissez votre offrande devant l’autel, et allez d’abord vous réconcilier avec votre frère ; et après vous viendrez offrir votre don. »

Jésus-Christ nous enseigne par ces paroles la nécessité de sacrifier notre ressentiment, quand nous avons sujet d’en avoir contre quelqu’un, ou notre amour-propre, en réparant nos torts, quand nous avons causé quelques déplaisirs ou quelques dommages à l’un de nos frères.

Ce sacrifice est si nécessaire et si indispensable,

— que Dieu veut que nous suspendions même l’hommage qui lui est dû jusqu’à ce que nous nous soyons réconciliés avec le prochain.

Offririons-nous au Seigneur la moitié de nos biens, comme Zachée, si nous ne Lui sacrifions en même temps nos ressentiments contre nos frères, notre offrande n’aurait aucun prix à ses yeux. Sans la charité, nulle vertu, nul acte de religion qui soit méritoire, qui plaise à Dieu.

Si j’avais le don de prophétie, disait saint Paul ; si j’avais l’intelligence des mystères et une science universelle ; si j’avais même tout ce que l’on peut avoir de Foi ; si je distribuais tous mes biens aux pauvres et que la Charité me manquât, tout cela ne me servirait de rien, toute ma prétendue vertu serait réprouvée.

Aussi ce précepte de la Charité, du pardon des offenses est-il celui que le Divin Maître se plaît davantage à nous rappeler ; il n’en est point d’aussi familier à sa bouche ; c’est par excellence son commandement. Il semble que c’est à l’inculquer aux hommes que se borne sa mission divine. Et, dans la Cène qui précéda sa mort, avec quelle ardeur Il exhorte ses disciples à cette charité mutuelle !

« Mes chers enfants, aimez-vous les uns les autres ; je vous donne un commandement nouveau, c’est que vous vous aimiez les uns les autres ; on vous reconnaitra pour mes disciples si vous vous aimez les uns les autres. »

Si donc nous voulons être les disciples de Jésus-Christ,

observons son grand commandement : rapprochons nos cœurs,

— et n’alléguons point de prétextes ne faisons point d’exceptions, puisque la Charité n’en admet pas.

Et, puis, que nous servent ces dissensions, ces inimitiés, ces discordes, qu’à remplir nos jours d’amertume, à troubler notre vie, à contrarier douloureusement cet attrait qui porte l’homme à aimer son semblable ?

Rendons-nous mutuellement la vie douce et utile par la Charité ;

— sans la Charité tout devient amer ; avec elle les peines sont des plaisirs.

Que nos cœurs se mêlent et s'embrassent dans les ardeurs d'une charité fraternelle, qu'ils s'assemblent comme en un faisceau dans une intime union avec le cœur de notre Dieu, afin qu'on puisse dire de nous comme des premiers fidèles, que nous n'avons tous ensemble qu'un seul cœur et une seule âme.

Pour aller plus loin…

Billet dominical « Dimanche de la Pentecôte »

Billet dominical « 1ᵉ dimanche après la Pentecôte : Fête de la Sainte Trinité »

Billet dominical « 2ᵉ dimanche après la Pentecôte »

Billet dominical « Fête du Sacré-Cœur »

Billet dominical « 4ᵉ dimanche après la Pentecôte »

Billet dominical « 6ᵉ dimanche après la Pentecôte »


Messe du Jour

5ᵉ dimanche après la Pentecôte


Notes & Références

Semaine Religieuse de Bayeux, 1865.

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